
Sommaire
Toggle- En résumé pour les PME :
• Peec AI a analysé plus de 10 millions de prompts et 20 millions de fan-outs (sous-requêtes internes de ChatGPT). Résultat : 43% des recherches en arrière-plan pour des prompts non anglophones sont effectuées sur le web anglophone — même quand l’utilisateur pose sa question dans sa langue, depuis son pays.
• En France, près de 82% des sessions ChatGPT en français génèrent au moins un fan-out en anglais. Concrètement, quand un utilisateur français demande « quels sont les meilleurs outils SEO ? », ChatGPT va chercher une partie de ses sources sur le web anglophone avant de formuler sa réponse.
• Des leaders locaux deviennent invisibles dans leur propre marché : Allegro (leader e-commerce en Pologne) disparaît derrière eBay, les entreprises logicielles allemandes sont absentes des réponses en allemand, les marques cosmétiques espagnoles n’apparaissent pas pour des requêtes espagnoles.
• La solution n’est pas de tout traduire en anglais, mais d’adopter une stratégie GEO bilingue ciblée : identifier les sources anglophones que ChatGPT cite dans votre secteur et y positionner votre marque de façon stratégique.
Ce que l'étude Peec AI révèle sur le fonctionnement de ChatGPT Search
Quand vous posez une question à ChatGPT, le modèle ne se contente pas de piocher dans sa mémoire. Il décompose votre requête en plusieurs sous-requêtes appelées « fan-outs » qu’il envoie sur le web pour trouver des sources — un mécanisme qui rappelle le crawl de Google mais avec une logique différente.
C’est ce mécanisme que Peec AI — plateforme d’analytics dédiée à la recherche IA — a disséqué sur un échantillon massif. L’étude porte sur 10 millions de prompts et environ 20 millions de fan-outs, filtrés pour ne garder que les sessions cohérentes : langue du prompt et pays de l’IP concordants (français depuis la France, allemand depuis l’Allemagne, etc.).
Ce filtrage élimine les cas ambigus comme un prompt en français depuis Londres. Le constat est net : ChatGPT démarre ses recherches dans la langue de l’utilisateur, puis bascule vers l’anglais pour compléter sa réponse. Ce n’est pas un bug isolé — c’est un comportement systémique observable sur toutes les langues testées.
Une formation SEO 100% gratuite
Les chiffres clés : 43% des fan-outs en anglais, 82% des sessions françaises impactées

Les données de l’étude sont sans ambiguïté. Voici la ventilation par langue du pourcentage de sessions incluant au moins un fan-out en anglais :
| Langue du prompt | Sessions avec fan-out anglais | Impact estimé |
|---|---|---|
| Turc | 94% | Très élevé |
| Français | 82% | Élevé |
| Polonais | ~78% | Élevé |
| Allemand | ~78% | Élevé |
| Espagnol | 66% | Modéré à élevé |
| Moyenne non anglophone | 78% | — |
Le cas français : 82% de sessions touchées
Le français est particulièrement exposé à ce biais. Avec 82% des sessions impactées, un utilisateur français a quatre chances sur cinq de recevoir une réponse construite en partie sur des sources anglophones.
Ce que ça signifie concrètement : quand un internaute à Paris demande « meilleur logiciel de comptabilité pour PME », ChatGPT va probablement générer un fan-out du type « best accounting software small business » en parallèle de sa recherche en français. Les résultats anglais (QuickBooks, Xero, FreshBooks) vont se mélanger avec les résultats français — et souvent les dominer grâce à des signaux d’autorité plus forts.
Ce mécanisme a un impact direct sur la stratégie GEO (Generative Engine Optimization) des entreprises françaises. Si votre marque n’existe que sur le web francophone, vous êtes structurellement désavantagé dans les réponses de ChatGPT.
Votre marque est-elle visible dans les réponses de ChatGPT en français ?
Comprendre ce biais anglophone est une chose. Construire une stratégie GEO qui le contourne en est une autre. Si vous souhaitez évaluer la visibilité de votre entreprise dans les moteurs IA et identifier les actions prioritaires, parlons-en.
Pourquoi ChatGPT bascule-t-il systématiquement vers l'anglais ?
L’étude Peec AI identifie deux mécanismes structurels qui expliquent ce comportement. Il ne s’agit pas d’un choix délibéré d’OpenAI, mais d’une conséquence logique de la structure du web et des signaux d’autorité utilisés par les modèles.
1. Les signaux d’autorité favorisent les contenus anglophones
Les pages en anglais concentrent davantage de backlinks et de citations — un phénomène que tout professionnel du netlinking connaît bien — les mêmes signaux que les modèles IA utilisent pour évaluer la crédibilité d’une source.
Un article en anglais sur un sujet donné aura statistiquement plus de liens entrants qu’un article équivalent en français, simplement parce que le web anglophone est plus vaste et plus interconnecté.
2. La minimisation du risque par le volume
Environ 50% du contenu web est en anglais. Pour un modèle conçu pour fournir des réponses fiables, chercher en anglais augmente mécaniquement la probabilité de trouver des sources jugées pertinentes.
C’est une stratégie de réduction du risque : plus de contenu disponible signifie moins de chances de passer à côté d’une information clé.
Le mécanisme des fan-outs décrypté
Pour bien saisir l’ampleur du problème, il faut comprendre comment les fan-outs fonctionnent en pratique. Quand vous posez une question en français, ChatGPT ne fait pas une seule recherche — il en fait plusieurs en parallèle et en séquence.
Le schéma typique observé par Peec AI :
• Fan-out 1 (français) : reformulation de votre question dans la langue d’origine. ChatGPT cherche des sources francophones.
• Fan-out 2 (anglais) : traduction et reformulation en anglais. ChatGPT élargit son champ de recherche au web anglophone.
• Fan-outs suivants : alternance entre français et anglais selon les résultats obtenus.
ChatGPT peut même ajouter des qualificatifs non présents dans la requête d’origine — comme « global » ou « top » — qui orientent les résultats vers des marques internationales.
Le résultat : la réponse finale semble localisée (elle est rédigée en français, cite parfois des sources francophones), mais elle est construite en partie sur des données anglaises qui favorisent les marques présentes sur le web anglophone.
Les exemples concrets qui illustrent le biais

Les cas documentés par Peec AI sont parlants, et le schéma se retrouve dans tous les marchés non anglophones :
• Pologne : une recherche en polonais sur les portails d’enchères ignore ou relègue Allegro.pl — la plateforme dominante du pays — derrière eBay et d’autres acteurs globaux.
• Allemagne : une question en allemand sur les meilleures entreprises logicielles ne cite aucune entreprise allemande, malgré un écosystème tech local particulièrement riche.
• Espagne : une requête sur les marques cosmétiques ne fait apparaître aucune marque espagnole. L’analyse des fan-outs montre que ChatGPT a ajouté le mot « globales » de lui-même dans sa sous-requête en espagnol, excluant de fait les acteurs locaux.
• Politique : des requêtes en polonais, allemand et français sur les partis politiques citent fréquemment des médias anglophones (Deutsche Welle en anglais, Fiveable) plutôt que des sources locales dans la langue de l’utilisateur.
Ces exemples montrent que le biais ne se limite pas au commercial — il touche aussi l’information, la culture et le débat public.
Ce que ça change pour une stratégie GEO en France
Si vous travaillez le référencement d’un site français, cette étude a des implications directes. Le SEO classique vise Google avec du contenu francophone. La stratégie GEO doit désormais intégrer une dimension bilingue ciblée pour exister dans les réponses de ChatGPT.
Ce qui change concrètement :
• Votre concurrent n’est plus seulement français. Dans les réponses de ChatGPT, vous êtes en compétition avec des sites anglophones qui bénéficient d’un avantage structurel dans le mécanisme des fan-outs.
• Les signaux d’autorité comptent double. Un site francophone avec peu de backlinks internationaux sera systématiquement désavantagé face à un concurrent anglophone mieux lié — même si votre contenu est supérieur en qualité.
• La présence dans les sources anglophones devient un levier. Être cité dans un comparatif anglophone type « best X tools in Europe » ou « top Y brands » augmente vos chances d’apparaître dans les réponses de ChatGPT, y compris pour des requêtes en français.
Les performances de Bing Webmaster Tools face à l’IA montrent que Microsoft est aussi confronté à ces enjeux. Pour approfondir les fondamentaux de cette approche, consultez mon article sur la différence entre SEO et GEO et comment apparaître dans les résultats ChatGPT.
Les actions concrètes pour contrer le biais anglophone
L’étude Peec AI est claire sur un point : tout traduire en anglais n’est ni réaliste ni stratégique. L’enjeu est d’identifier les contenus à fort potentiel et les sources anglophones que ChatGPT cite dans votre secteur. Voici les actions prioritaires :
• Cartographiez les sources citées par ChatGPT dans votre niche. Posez les mêmes questions que vos clients à ChatGPT et analysez les sources qu’il cite. Est-ce Reddit ? Wikipedia ? Des comparatifs type « best X » ? Des blogs spécialisés ? C’est là que vous devez être présent.
• Créez des versions anglaises de vos pages stratégiques. Pas tout le site — uniquement les pages produit clés, les comparatifs et les contenus qui ont le plus de chances d’être cités. Implémentez les balises hreflang pour que Google et les IA comprennent la relation entre vos versions linguistiques.
• Visez les listicles et comparatifs anglophones. Les fan-outs de ChatGPT ressemblent souvent à « best X tools », « top Y brands ». Être mentionné dans ces articles en anglais augmente directement votre visibilité IA.
• Renforcez vos signaux d’autorité internationaux. Obtenez des backlinks depuis des sites anglophones de votre secteur — publications spécialisées, médias internationaux, comparatifs cross-border.
• Structurez votre contenu pour les LLMs. FAQ bien formatées, données structurées complètes, meta tags optimisées, contenu sourcé et signé — ces éléments facilitent l’extraction par les modèles IA, quelle que soit la langue. Consultez mon article sur la structure d’article optimisée pour les moteurs génératifs.
Monitorer sa visibilité IA : les outils et la méthode
Le suivi de la visibilité dans les réponses IA n’est pas encore aussi mature que le suivi de positions Google, mais les outils existent et progressent rapidement. Les options actuelles :
• Peec AI : la plateforme à l’origine de l’étude. Elle permet d’analyser les sources citées par ChatGPT, les fan-outs générés et les lacunes de visibilité par catégorie. C’est l’outil le plus avancé sur le sujet en 2026.
• Tests manuels réguliers : posez les mêmes requêtes que vos clients à ChatGPT, Perplexity, Claude et Gemini. Notez si votre marque apparaît, quelles sources sont citées, et comment vos concurrents sont positionnés.
• Suivi des citations : mettez en place une veille sur les mentions de votre marque dans les réponses IA. Les outils GEO permettent d’automatiser ce monitoring.
• Analyse des fan-outs par secteur : identifiez les requêtes anglaises que ChatGPT génère pour vos mots-clés français. C’est la clé pour comprendre contre quels contenus anglophones vous êtes réellement en compétition.
L’objectif n’est pas de remplacer votre suivi SEO classique — c’est de l’enrichir avec une couche GEO qui reflète la réalité du trafic IA en croissance.
Ce que cette étude signifie pour le SEO français à moyen terme
Le biais anglophone de ChatGPT n’est pas un problème temporaire. C’est une conséquence structurelle de la domination de l’anglais sur le web (50% du contenu disponible) et des modèles IA entraînés principalement sur des corpus anglophones.
Pour les professionnels du SEO en France, plusieurs tendances se dessinent :
• Le GEO bilingue deviendra un standard. Les sites français qui veulent exister dans les réponses IA devront intégrer une stratégie de contenu anglophone ciblée, en complément de leur SEO francophone.
• Les signaux d’autorité internationaux gagneront en poids. Un profil de backlinks purement francophone sera un handicap croissant face aux concurrents visibles sur le web anglophone.
• La structure du contenu comptera autant que la langue. Un contenu français bien structuré et correctement indexé (FAQ, données sourcées, auteur identifié, schéma balisé) aura plus de chances d’être extrait par les LLMs qu’un contenu anglais mal organisé.
• Les modèles IA européens pourraient rééquilibrer la donne. Mistral (français) et d’autres acteurs européens travaillent sur des modèles multilingues natifs. Leur montée en puissance pourrait réduire le biais anglophone — mais ce n’est pas pour demain.
L’impact des AI Overviews sur le SEO s’ajoute à cette dynamique : les réponses IA de Google présentent des mécanismes similaires de sélection de sources.
FAQ — Biais anglophone de ChatGPT et GEO
Faut-il traduire tout son site en anglais pour apparaître dans ChatGPT ?
Non. L’étude Peec AI est explicite : une traduction massive n’est ni réaliste ni efficace. L’approche recommandée est de créer des versions anglaises uniquement pour vos pages stratégiques (pages produit clés, comparatifs, contenus à fort potentiel de citation) et de vous positionner dans les sources anglophones que ChatGPT cite dans votre secteur. C’est une approche ciblée, pas une localisation complète.
Ce biais touche-t-il aussi Perplexity, Claude et Gemini ?
L’étude Peec AI porte spécifiquement sur ChatGPT Search. Cependant, les mécanismes sous-jacents (domination de l’anglais dans les corpus d’entraînement, signaux d’autorité favorisant les sites anglophones) sont communs à tous les grands modèles IA. Il est raisonnable de penser que des biais similaires existent sur Perplexity, Claude et Gemini, même si leur intensité peut varier. Mistral, en tant que modèle français, pourrait offrir un traitement plus équilibré du web francophone.
Est-ce que les balises hreflang aident à contrer ce biais ?
Les balises hreflang indiquent à Google la relation entre vos versions linguistiques. Leur impact direct sur ChatGPT n’est pas documenté, mais elles améliorent la structure technique de votre site multilingue, ce qui peut faciliter l’extraction par les LLMs. Si vous créez des versions anglaises de pages clés, les hreflang sont indispensables pour éviter le contenu dupliqué et guider les moteurs vers la bonne version.
En combien de temps peut-on améliorer sa visibilité IA en tant que site français ?
Il n’existe pas encore de benchmark fiable sur les délais en GEO. Cependant, les actions à fort impact rapide incluent : se faire citer dans des comparatifs anglophones existants (quelques semaines), créer des pages clés en anglais avec un balisage structuré (1-2 mois), et renforcer ses backlinks internationaux (3-6 mois). Le monitoring régulier via des outils GEO permet de mesurer les progrès. C’est un travail itératif, comparable au SEO classique dans sa temporalité.
Sommaire
ToggleUne formation SEO 100% gratuite
Tout comprendre sur le référencement naturel, lors d’une visioconférence ou en physique.
Pour les entreprises désirantes d’apprendre à (mieux) utiliser le SEO.
Mes autres articles


Quel logiciel de site internet utiliser pour créer votre cabinet dentaire à Paris ?

Stratégie SEO pour cabinet dentaire à Paris : attirer les patients à forte valeur

Trouver ses premiers acheteurs de CBD à Paris : la stratégie SEO locale gagnante

Quel logiciel utiliser pour créer un site internet de CBD en 2026 ?

OpenAI veut remplacer les agences : créer des pubs ChatGPT par simple prompt

Reddit Answers : comprendre la recherche IA de Reddit et son impact SEO

Anthropic au Super Bowl : la pub anti-pub qui a propulsé Claude dans le top 10
